Le “village-bosquet”, un mode (traditionnel) d’habiter le paysage !

Une figure traditionnelle...

Figure caractéristique du Santerre, il est un élément de repère dans ce paysage dominé par les vastes plaines agricoles qu’il ponctue. Il est constitué de trois parties distinctes :

1) Un noyau urbanisé qui regroupe à la fois habitat et fermes, dont la figure traditionnelle est la ferme fermée avec granges aveugles sur rue. Culturellement, ces dernières sont intégrées au tissu urbain. On observe néanmoins quelques fermes isolées.        2) Les courtils : sorte de transition, d’espaces tampons entre le noyau urbanisé et le « tour de ville ». Cette extension de chaque maison et ferme accueillait la basse-cour, le potager, ou encore le verger qui servait également de pâturage aux moutons, vaches et autres élevages.                                                                                        3) Le « tour de ville » : chemin périphérique au village destiné à la circulation du bétail d’un pâturage à l’autre. Bordé de haies et planté d’arbres d’alignements, il délimite les propriétés et assure une protection contre les vents froids et l’humidité.

Ainsi, cette « ceinture verte » permettait en premier lieu de protéger les villages, fortement exposés aux vents dominants dans ce paysage de plateau ouvert. Elle présentait également un aspect vivrier conséquent pour les habitants de la commune. Les micros activités qu’elle abritait permettait une quasi-autarcie des riverains.
Elle était traditionnellement constituée d’essences communes, parmi lesquelles Quercus petraea, Fraxinus excelsior, Fagus sylvatica, Tilia cordata, Populus tremula, Acer platanoides, pseudoplatanus et campestre, Carpinus betulus, Cornus mas et sanguinea, Prunus spinosa, Euonymus europaeus, Ligustrum vulgare, Corylus avelana, ou encore Juglens regia.

 

...à faire renaître !

Cette figure du village-bosquet s’accompagne d’autres éléments caractéristiques tels que les calvaires, que l’on observe en nombre dans et à proximité immédiate des villages. Ils sont également des points de repère dans la plaine agricole qu’ils ponctuent et dont l’emplacement correspond parfois aux limites de l’ancien bourg. Généralement, un calvaire est accompagné d’un ensemble de trois Tilleuls, symbole de la Trinité.
Les mares sont également des éléments emblématiques des villages-bosquets. A l’origine destinées à recueillir les eaux pluviales afin de pallier aux besoins en eau des habitants et des élevages, elles ont perdu de leur utilité avec l’adduction d’eau par château d’eau. Bien qu’encore assez présentes, elles ont tendance à se raréfier.

Suite aux deux conflits mondiaux, la plupart de ces villages-bosquets ont été détruits ou fortement endommagés, notamment lors de la bataille de la Somme en 1916. A la reconstruction, ils n’ont pas nécessairement été remis en œuvre. De même, la mécanisation de l’agriculture et les remembrements successifs ont participé à la raréfaction de ce mode d’habiter.
Malgré cela, de nombreux villages conservent l’apparence de villages-bosquets tels que les communes de Le Quesnoy et de Parvillers-le-Quesnoy. D’autres villages, comme Lihons, disposent de vestiges de « tour de ville », devenus pour la plupart des chemins ruraux. Seule leur dénomination de « tour de ville » sur les plans cadastraux témoigne de leur usage antérieur. Dans de rares cas, ils ont été restaurés ou partiellement reconstitués comme à Soyécourt.

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Panorama tour ville